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  • Ludovic-Napoléon Lepic. Portrait de chien. 1857 Louis Godefroy Jadin. César. 1854 Oeuvre - Image 9 Chaos. 1860 Jupiter. 1861
    Parmi les quelques mille quatre cents oeuvres de Ludovic Lepic actuellement répertoriées, de rares dessins témoignent, comme cette tête de chien de 1857, des prémices de sa vocation.

    L’apprentissage de Lepic auprès de maîtres de l’art animalier et le chenil familial toujours bien fourni de la propriété d’Andrésy inspirent la première production de l’artiste, largement tournée vers la gravure. Le griffon César, gravé par Lepic d’après la peinture de Jadin (1854), en est un témoignage éloquent. Il jouit, rapidement, dans ce domaine, d’une certaine réputation (l’imprimeur Cadart édite huit de ses têtes de chiens dès 1861) et participe à la création de la Société des Aquafortistes.

    Les gravures de Lepic sont acceptées au Salon dès 1863, année où il commence à expérimenter sa technique des eaux fortes mobiles. Une fois la plaque gravée comme à l’habitude, il modifie le rendu du dessin par frottis à l’aide de l’encre et d’un chiffon avant le tirage. Il peut ainsi obtenir des effets allant, pour un même paysage gravé, de la nuit au soleil le plus clair en passant par des effets de pluie ou de brouillard. Après la publication de Comment je devins graveur à l’eau-forte, en 1876, Lepic n’utilisera plus cette technique qu’épisodiquement pour des évènements précis ou sur demande de ses amis. L’ensemble de son oeuvre dans ce domaine est conservé à la Bibliothèque Nationale de France.

    Moulins et voiliers. 1869 Le môle. 1869 Falaise du nord. 1870
  • Le départ – Marée haute. Avant 1878 Le déluge, panneau de triptyque. 1874 Le déluge, panneau de triptyque. 1874
    Les peintures des débuts, où se manifestent de façon explicite l’enseignement de Gleyre et de Cabanel, sont rares. La nature morte, comme le Pilier de halle (1868) du musée de Grenoble, ou les thématiques d’inspiration religieuse représentées dans l’exposition par les panneaux latéraux du dyptique du Déluge (1874) ne resurgiront pas ultérieurement.

    Pilier de Halle. 1868 Mégacéros dans un marais. 1869 Né dans la lumière des Pays Bas, le goût de Lepic pour les horizons marins va s’affirmer sur la côte normande et, surtout, en Picardie. Ses vues de Cayeux, où il rencontre Jules Dupré (1811- 1889), figurent à la première exposition des impressionnistes (1874) dont il se détachera après 1876. Dans la dizaine d’années qui suit, il se consacre à la peinture de marines qui constituent l’essentiel de son oeuvre.

    Les armes et les outils préhistoriques reconstitués avec gravures. 1872 L’expérience archéologique donne matière à quelques restitutions tout à fait dans l’air du temps, comme le très beau Mégacéros du Musée d’Archéologie Nationale. mais, comme dans le domaine de la gravure, cet intérêt ne se manifeste que dans une période assez brève au-delà de laquelle Lepic abandonne totalement ce sujet.
  • Plage de Berck, n°13. Après 1879

    « Un pavillon orné de deux L surmontées d’une couronne de comte, et, accrochée en-dessous, une vieille manne sans fond?... Quelle était cette bizarre enseigne ? Le premier berckois venu les renseignait: «C’est le chalet de M’sieu l’comte Lepic, qu’est un peu panier percé ; tenez, le v’là là-bas qui fait son métier d’tireux de portraits, le Patron, comme ils disent »

    Francis Tattegrain. Chasseurs sur la plage Installé à Berck, Lepic y reçoit une véritable reconnaissance et devient «le Patron», celui qui dresse au travail sur le motif son jeune élève et ami, Francis Tattegrain (1852-1915) et, d’une certaine manière, devient ainsi le véritable fondateur de «l’école de Berck».
  • Plage de Berck sous la neige. Avant 1879
    Effet de brouillard. 1880
    Au Salon de 1877, Lepic décroche une médaille de troisième classe pour son Bateau cassé, même s’il n’aura jamais les commandes publiques auxquelles il aspirait. Sa production considérable est très différente de celle de son élève Tattegrain qui privilégie les personnages dans une démarche résolument naturaliste.

    Elégantes sur la plage de Berck. 1879 Du point de vue iconographique, certains thèmes ou images reviennent de façon récurrente : le bateau cassé échoué sur la plage, les plages où une ancre enfouie forme le premier ou le second plan, les grèves aux oyats ornant le premier plan, les steamers voguant à l’horizon. La présence de ces éléments sous le brouillard, dans la tempête, ensevelis sous la neige identifie le vocabulaire d’un Lepic dont l’aptitude à transcrire l’ambiance du «moment» justifie, somme toute, son adhésion aux premières années de l’impressionnisme. L’homme n’y fait que de la figuration, le portrait est totalement absent.

    Berck-sur-Mer. Marée basse, rentrée au port. Vers 1885 – 1886 La lyre d’Orphée couronnée de roses est pendue à un laurier. Vers 1885 – 1886 Les plages et les marines peintes à Berck forment incontestablement le meilleur de l’ oeuvre de Lepic et lui valent d’être reçu Peintre de la Marine en 1881. L’efficacité ou, plus exactement, la justesse de sa peinture s’exprime sans aucun des effets que génère chez certains la recherche systématique d’une pratique «virtuose». Sans vouloir en réduire l’intérêt, force est de constater que son expérience de dessinateur de costumes pour l’Opéra reste un épisode bref (1885) lié à des préoccupations alimentaires. La série des panneaux de portes réalisés pour une maison particulière (1885-1886) prend des accents de testament pictural en revisitant tous les lieux marquants de la carrière du peintre (Italie, Égypte, Normandie, Côte d’Opale...).

Musée Opale Sud