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  • Auteur Anonyme. Ludovic Lepic vers 1859 – 1860 André Adolphe Eugène Disdéri. Ludovic Lepic et sa mère. Vers 1859 – 1860
    C’est au grand-père paternel de Ludovic, Joseph-Louis (1765-1827), que la famille Lepic doit sa fortune et sa réputation. Après des promotions rapides au sein des armées révolutionnaires, il s’illustre dans les guerres du Directoire puis du Consulat. et devient colonel-major des grenadiers à cheval de la garde impériale. Suite à sa conduite héroïque à Eylau, Napoléon le fait baron et général de brigade. Le titre de comte lui revient après son ralliement à Louis XVIII. C’est son nom qui figure sur l’Arc de Triomphe et que porte la célèbre rue de Montmartre.

    Trois des enfants (trois autres sont morts en bas âge) issus de son mariage avec la fille du maire d’Andrésy, Joséphine-Félicité Geoffroy, suivent la carrière des armes, dont Louis-Joseph-Napoléon Lepic (1810- 1875). Ce dernier épouse Louise-Pascalie-Antoinette-Aglaé Faure, fille d’un négociant en vin originaire de Saint-Péray en Ardèche, puis devient officier d’ordonnance du prince-président de la République (1849) et premier maréchal des logis du Palais (1851). Quotidiennement au contact de l’empereur, il dispose d’un appartement aux Tuileries jusqu’à la défaite de Sedan après laquelle il se retire à Andrésy.

    Peu documentée, la jeunesse de Ludovic Napoléon se déroule sous la férule d’une grand-mère autoritaire, dans un cadre familial dont l’aisance financière lui rend incompréhensible la notion d’économie et qui perçoit très mal sa vocation précoce pour les beaux arts. Il obtient son diplôme de bachelier ès-lettres à l’issue de ses études au lycée Bonaparte (aujourd’hui Condorcet), en 1858, puis décide d’embrasser la carrière des arts à la grande désolation des siens, et de sa grand-mère en particulier, qui voit le fils unique de la branche aînée tourner le dos au champ d’honneur... Aux études de droit, dont la respectabilité aurait pu rendre moins pénible le renoncement à Saint-Cyr, le jeune Ludovic préfère l’enseignement du peintre officiel du roi des belges, le baron Gustave Wappers (1803-1874), puis de l’animalier belge Charles Verlat (1824-1890). En 1862, il rejoint l’atelier de Charles Gleyre (1806-1874) qu’il fréquente en même temps que Bazille, Monet, Renoir et Sisley. De 1864 à au moins 1866, il assiste aux cours de Cabanel.

  • Auteur anonyme. Portrait de Joseph-Louis Lepic Jacques-François Gaudérique Llanta. Portrait de Joseph-Louis Lepic Gustave-Jacques Legray. Le général-comte Lepic Auteur Anonyme. Lepic, peintre animalier. Vers 1860 Félix Tournachon, dit « Nadar », Ludovic Lepic. Vers 1870 Félix Tournachon, dit « Nadar », Ludovic Lepic. Vers 1870
    Vers la fin des années 1850 ou au tout début des années 1860, le jeune homme désinvolte et dandy, que Disderi photographie accompagné de sa mère, mène une vie mondaine aussi active au moins que sa vie artistique. Il suit la cour dans certains de ses déplacements, particulièrement dans les villes d’eaux, et fait preuve d’un tempérament facétieux. Le 29 décembre 1866, le vicomte Ludovic Napoléon Lepic épouse Joséphine-Jeanne-Marie-Thérèse de Scévole de Barral, fille du comte Napoléon- Amédée Hortense de Barral, décédé en 1864, et de Marie-Clotilde de Rey, dont le berceau familial se situe à Voiron en Isère, avec en dot une fortune non négligeable. C’est durant cette période qu’il effectue un voyage aux Pays Bas. Peu avant, dans la région de son épouse où naît sa première fille Eylau- Eugénie-Hortense, il s’initie à l’archéologie : Lepic expérimente, fouille et publie.

    Après Sedan, il a fallu quitter les Tuileries pour regagner la propriété familiale d’Andresy où est née sa seconde fille Jeanine. Au début des années 70, il voyage en Italie et effectue des fouilles en Savoie, dont le produit entre en partie le musée d’Aix-les- Bains qu’il crée et dote en peintures.

    C’est durant cette période, aussi difficile sur le plan moral que financier, que Lepic découvre le littoral normand (1870) et picard (1873), en particulier la plage de Cayeux.
  • Félix Tournachon, dit « Nadar », Ludovic Lepic. Vers 1870 Edouard Detaille. Ludovic-Napoléon Lepic en costume arabe. 1884 André Adolphe Eugène Disdéri. Marie Sanlaville
    Le premier tableau de Degas représentant de façon indiscutable son ami est le Ludovic Lepic et ses filles de la collection Bührle, peint sans doute à Andrésy vers 1870 - 1871. S’il est bien sûr possible que leur amitié soit plus ancienne, cette toile en est le premier signe tangible. C’est en tout cas Degas qui persuade Lepic de se joindre à la première exposition des impressionnistes en 1874 chez Nadar. Tous deux fréquentent de nombreux endroits communs : la maison Fournaise à Chatou, lieu de prédilection, au même titre que la Grenouillère, des impressionnistes, le café de la rue de la Rochefoucauld où ils retrouvent Jules Bastien-Lepage (1848-1884) et Henri Gervex (1852-1929), auteur d’un portrait de Ludovic en 1881, et l’Opéra de Paris pour les spectacles et les danseuses envers lesquels ils partagent une même passion. Au sein du même cercle figurent Marcellin Desboutin (1823-1902) qui représente Ludovic dans son atelier vers cette époque, Édouard Lainé et l’italien Giuseppe de Nittis (1846-1884). En 1876, Lepic est victime d’un cambriolage au cours duquel la demeure d’Andrésy est vandalisée. Très affecté, il cherche refuge sur les bords de la Manche. De 1877 à 1885, il passe le plus clair de son temps à Berck où il navigue et peint sur le motif. En 1881, il est nommé peintre de la marine ce qui lui vaut, l’année suivante, de participer à une expédition en Egypte.

    La préférence pour son atelier berckois (il travaille également à Paris,d’abord rue de la Rochefoucauld puis rue de Maubeuge) ne l’empêche pas d’exposer dans la capitale où il fréquente le milieu musical et théâtral (il est un familier des Pont-Jest et de Sarah Bernhardt) ainsi que le monde de l’Opéra. Malgré la naissance d’une troisième fille, en 1874, les liens avec son épouse se sont distendus jusqu’à la séparation suivie du divorce en 1885. Depuis au moins la fin des années 1870, on lui connaît une maîtresse officielle, la danseuse de l’Opéra Brigitte-Marie Sanlaville, chez qui il décèdera en 1889. Ses dernières années sont marquées par la maladie dont ses derniers portraits, peints par Louise Abbéma et Degas, portent les stygmates et par des soucis d’argent peu compatibles avec un mode de vie toujours aussi dispendieux.
Musée Opale Sud